Lectrice régulière de magazines franco-maghrébins, notre blogueuse Aïcha est allée à la pêche aux témoignages pour savoir si ces magazines avaient bonne presse auprès de son entourage.

mag_tIls s’appellent Gazelle, Bled Mag ou encore Le Courrier de l’Atlas… Leur point commun ? Ce sont tous des magazines français destinés à la population d’origine maghrébine. Nécessaires pour certains, communautaires pour d’autres, j’ai voulu savoir comment étaient perçus ces titres par les lecteurs et lectrices de mon entourage.  Les  réactions positives ainsi que les coups de gueule ne se sont pas fait attendre. Témoignages.
Voilà un magazine féminin qui répond aux attentes des maghrébines ayant grandi en France. Le magazine n’est ni axé sur la vie d’une femme au bled, ni sur celle d’une Française de souche, mais bien sur le genre de vie qu’est la mienne. Il aborde pas mal de phénomènes que peuvent rencontrer les jeunes d’origine maghrébine en France comme le mariage mixte, les relations sexuelles hors mariage…“, observe Khadija, lectrice assidue de Gazelle, qui affectionne l’ouverture d’esprit du magazine.

Zahra trouve, quant à elle, qu’au fur et à mesure des publications mensuelles, la Gazelle soulève de plus en plus de tabous, “des choses qui ne se disent pas chez nous, même si on sait bien qu’elles se passent”. Karima, elle,  apprécie le fait que le magazine fasse des articles de beauté qui correspondent aux soucis des maghrébines comme “Comment coiffer le cheveu maghrébin?”. ” Le magazine nous montre comment nous mettre en valeur“, me dit Safia.”J’ai adoré l’article sur le maquillage libanais qui met en valeur les yeux, et les articles sur les produits de beauté de chez nous comme le khôl, le savon noir, l’huile d’argan, le savon d’Alep. J’aime beaucoup aussi la rubrique mode, qui montre les tenues traditionnelles du Maghreb comme le caftan marocain ou le caraco algérien.”

Mais La Gazelle ne rencontre pas un franc succès uniquement chez la communauté maghrébine. Pascale apprécie sa qualité d’édition et d’écriture : “Gazelle vaut tous les magazines féminins classiques en termes de qualité des articles et de graphisme. Ce qui m’interpelle le plus finalement, ce sont les photos. En voyant toutes ces femmes d’origine maghrébine, je me rends compte qu’on ne voit jamais ou rarement ces visages dans les magazines type Elle, Marie-Claire ou Femme actuelle ! “.  Et  sur l’aspect communautaire que certains pourraient reprocher au mag, Laure nous interroge : “N’est-il pas normal finalement qu’il existe différents types de magazines qui s’adaptent à différents types de femmes qui ont des préoccupations différentes ?”


Farid, après avoir lu Le Courrier de l’Atlas et Gazelle, nous livre son opinion : ” Ce qui me surprend le plus, ce sont les titres. « Ma première fois avec mon hijab » : ce n’est pas le genre de chose que l’on est habitué à lire dans la presse féminine française. « Jacques Attali : la France a besoin des talents des pays du sud » : l’un des titres de la Une du Courrier de l’Atlas est aussi révélateur.  Il est rare de voir le nom d’un intellectuel arabe en Une des magazines comme le Point, l’Express ou le Nouvel Obs. Pour moi, cela signifie que ces magazines franco-maghrébins sont ouverts et complémentaires. Ce sont des passeurs entre deux cultures. Je note aussi qu’il n’y a pas autant de publicités que dans un magazine franco-français.  Ça signifie peut-être  que les annonceurs n’y croient pas…

Selma, qui lit les trois magazines, apprécie particulièrement Bledmag : “Enfin un magazine qui met en avant l’élite franco-maghrébine ! Ça crée un équilibre entre les autres magazines qui n’en parlent jamais, sauf de Rachida Dati bien sûr, et celui-là, qui en parle beaucoup. J’en ai marre que la presse française mette en valeur seulement les maghrébins célèbres dans le sport ou le show biz. Il ne faut pas oublier que nous avons beaucoup de cerveaux et Bledmag le rappelle très bien.”

 

Auteur : Aïcha Bouizem

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