train-surcharge-en-inde_1280152988Arrivée à Mumbai pour la première étape de notre périple. Comme vous pourrez le lire, cette étape fut très courte, 24 heures en tout. Nous sommes en septembre 2013 et posons alors nos valises au Moyen-Orient, plus précisément au Liban et en Syrie. Le tout en pleine polémique sur d’éventuels bombardements en Syrie.

Arrivée à Bombay épuisante après 12 heures de vol et une escale de 21 heures à Istanbul. Il nous faudra un sommeil réparateur de quatre heures pour réaliser où nous sommes. On se souvient alors qu’en regardant dans le hublot en atterrissant, on n’arrivait pas à distinguer un immeuble précis, seulement un fouillis d’habitations de fortunes avec quelques immeubles de part et d’autre.

De l’hostilité

L’atmosphère de Bombay n’a rien de drôle, il y règne même en ce mois de mousson une hostilité sans précédent, qu’elle soit humaine ou naturelle. Dès la sortie de l’aéroport, l’humidité liée à la chaleur (30°) nous fait perdre tout repère. La fatigue aidant, il est difficile de négocier avec le taxi pour qu’il nous emmène dans notre hôtel situé dans un quartier sensible, près du bidonville le plus connu au monde, celui du film Slum Dog Millionnaire, à Dharavi.

carte inde dharavi

Carte Google de la zone en capture d’écran

Après quelques heures de sommeil, nous sortons nous dégourdir les jambes. Nous constatons plusieurs choses. Premièrement, il y a vraiment beaucoup de monde à Bombay. Deuxièmement, la pollution vous fait souvent pleurer et tousser. Enfin troisièmement, il ne faut jamais y faire confiance à un taxi.

Notre plus grand regret est de ne pas avoir pu rester plus longtemps dans cette si florissante ville. En effet, après s’être fait agresser au couteau par deux autochtones, et ayant épuisés les possibilités de rester dans l’un des pays où la misère est la plus visible au monde, l’option subsidiaire était naturellement de se rendre dans une zone de conflit militaire. Nous rebroussons donc chemin et nous rendons dans la zone la plus instable du monde à ce moment là, en septembre 2013. Bienvenue en Syrie.

Un premier contact avec les réfugiés syriens

Arrivée en Syrie donc pour vous faire partager un reportage exceptionnel sur ce pays et ses réfugiés au Liban. Nous sommes alors affiliés à une ONG qui opère dans la vallée de la Bekka, à la frontière Libano-Syrienne, pour atteindre les réfugiés Syriens sans grande difficulté. Pour être au plus près, nous plantons notre tante en plein milieu du camp de réfugiés de Deir Zenoun, à 3 Km du poste frontière.

carte camp syrien Deir Zenoun

Carte Google de la zone en capture d’écran

Une atmosphère terrible y règne, il faut dans un premier temps s’habituer au très grand nombre de militaires et de barrages. Si près de la Syrie, on entend les coups de mortiers et de Kalashnikov qui retentissent à quelques kilomètres. Sans parler des nombreux enlèvements que l’on nous conte (un tous les deux jours). Notre curiosité est trop importante pour résister à aller voir de nos propres yeux ce qu’il se passe de l’autre côté de la frontière. Juste une chaine de montage nous sépare de la Syrie.

Dans quel camp ?

Pour revenir aux réfugiés Syriens du Liban, la première interrogation qui vient à l’esprit après avoir opéré aux traditionnelles salutations (thé, dattes, etc), est de savoir pour quel camp les autochtones sont-ils ? Les rebelles ou l’armée régulière ? Ou pour une autre organisation du bourbier syrien (Hezbollah, Al Qaida etc) ? A cette question ils nous répondent, sûrement par peur, qu’ils sont avec Dieu et personne d’autre.

En revanche, à la question : « Etes vous pour ou contre une intervention en Syrie par une éventuelle coalition US-France-RU ? » Ils répondent sans trop de réticence : « NON ». La réponse est claire : « On ne veut pas qu’un quelconque allié d’Israel ne souille notre pays musulman ». Il nous semblait bien que les souvenirs de l’Irak étaient encore présents. Personne ne veut que la Syrie devienne le nouveau bourbier irakien.

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Photo du camp de réfugiés au Liban

Nous nous rendons vite compte qu’il y a  deux sortes de réfugiés. Les plus « aisés » qui, tout en étant en état de crise, possèdent une voiture. Ils ont une famille ou un contact au Liban chez qui dormir et viennent en général de Damas. Ceux là sont dans une situation précaire mais viable.

On trouve également les réfugiés qui n’ont rien, ou qui ont tout perdu (proches, biens, maisons). Ils viennent généralement de villes Syriennes meurtries par la guerre civile comme Homs et Alep et ils vivent dans les camps de réfugiés à la frontière Libano-syrienne. Ils sont encore plus à plaindre et une certaine rivalité s’instaure de jours en jours entre les deux sortes de réfugiés. Mais ce sera l’objet d’un futur article.

To Be Continued…

La démarche expliquée dans l’article d’introduction

Safir Rachdia et Ziad Naili.

La rédaction

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