Réda est allé à la rencontre de Bernard Soulage, vice-président délégué à l’Europe et aux relations internationales. Quelles sont les perspectives de la région Rhône-Alpes au niveau international ?

Tout d’abord, revenons sur ce qui m’a amené à avoir cette idée d’interviewer un responsable politique local. Il y a l’action menée et qui nous touche tous. En effet, bien que cela soit peu médiatisé, bon nombre de décisions sont prises au niveau local ou régional et il est intéressant que les citoyens soient informés de ce que l’on fait avec leur argent, celui du contribuable. Aussi, n’entend-on pas dire que les politiques sont déconnectés des réalités et qu’ils travaillent dans leur bulle. De ce fait, que faut-il faire? Ignorer leurs actions pendant que ceux-ci oublient nos préoccupations?

Évidemment non, je me suis engagé donc à rencontrer une série d’élus et de personnalités économiques dans le but de faire connaître leurs actions et de renouer modestement un dialogue.
  Quel est votre rôle au sein de la Région ?

Je suis essentiellement chargé de la mise en œuvre des orientations de la politique régionale en matière internationale. Grâce à mon expérience en tant que Secrétaire national à l’économie internationale du Parti socialiste, je suis à même de définir les axes à développer pour pérenniser la présence de la Région à l’international par le biais de ses entreprises mais aussi pour améliorer l’attractivité du bassin rhônalpin pour les entreprises étrangères souhaitant s’y implanter. Je dois souligner que mes liens d’amitié et professionnels avec Jean-Jack Queyranne (ancien ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin et président du conseil régional de Rhône-Alpes) me permettent d’assurer efficacement cette fonction.

Comment définit-on les orientations internationales au sein de la Région Rhône-Alpes ?

Les orientations sont définies sur la base d’une concertation permanente entre l’Assemblée plénière d’une part mais aussi les entreprises d’autre part. Bien évidemment, in fine, en ma qualité de Vice-président délégué à l’Europe et aux relations internationales, je propose les actions futures et les priorités.

 Comment justement, les entreprises qui souhaitent s’internationaliser sont-elles associées ?

Les entreprises sont au cœur de notre stratégie d’internationalisation et c’est pourquoi il existe la structure ERAI (Entreprise Rhône-Alpes International) créée en 1987 à l’initiative du Conseil régional Rhône-Alpes pour développer l’économie rhônalpine à l’international et renforcer l’attractivité de la région.

 Comment la région favorise-t-elle la compétitivité des entreprises de Rhône-Alpes au sein de l’Europe ?

Nous avons défini, dans le cadre de la politique de cohésion de l’Union européenne pour la période allant de 2007 à 2013, 3 types de coopération : transfrontalière, transnationale et transrégionale. Nous favorisons ainsi la compétitivité des entreprises de la Région par la mise en place de projets structurants en y associant plusieurs Etats membres. A ce titre, les programmes Med et Espace Alpin sont des exemples de ce que nous sommes capables de réaliser. Nous accordons également une attention particulière à la coopération économique, à l’innovation, à la recherche et l’enseignement supérieur.

Qu’en est-il au niveau international ?

Là aussi, ERAI joue un rôle crucial grâce à sa présence dans 30 pays et les milliers de chefs d’entreprises rencontrés par les experts pays. Nous avons également des accords avec l’agence ADERLY (Agence de Développement Economique de la Région Lyonnaise) qui accompagne et conseille les entreprises souhaitant s’implanter ou se développer à Lyon et dans sa région.

 

Toutes ces actions ont-elles un impact sur l’emploi du bassin rhônalpin ?

Nous définissons nos objectifs pour que cela ait un impact sur la compétitivité des entreprises et bien sûr au niveau de l’emploi puisque chacun sait que l’un et l’autre sont liés. Les retombées sont positives puisque nous réussissons à attirer toujours plus d’entreprises au sein de la Région qui demeure appréciée pour ses atouts en matière de transport, d’infrastructures de qualité, une main d’œuvre qualifiée et un parc immobilier relativement abordable comparativement à d’autres métropoles européennes.

Quelles sont vos priorités pour l’année 2011 en ce qui concerne le volet international ?

Nous comptons poursuivre notre action avec ERAI pour assurer toujours plus de débouchés aux entreprises à l’étranger et dans le même temps améliorer l’attractivité de la Région. Dans le même temps, la mise en place de «clusters» favorisera l’innovation et la compétitivité des entreprises pour entrer dans une dynamique entreprises/universités et secteurs public/privé. Enfin, nous poursuivrons notre engagement grâce aux «Régions des 4 moteurs pour l’Europe», organisation créée en 1988 qui comprend la Lombardie, la Catalogne et le Bade Wurtemberg et au sein de laquelle la région Rhône-Alpes est associée. Sous le couvert de la région catalane qui assure cette année la Présidence des : «4 Moteurs», nous comptons mettre en œuvre d’importants axes de développement en Amérique Latine afin de faire bénéficier les entreprises de Rhône-Alpes du grand marché commun d’Amérique du Sud, le Mercosur (5 Etats membres et 241 millions d’habitants).

Reda Kaboura

La rédaction

Crée en 2008, la rédaction du Lyon Bondy Blog s'applique à proposer une information locale différente et complémentaire des médias traditionnels.