Qui dit vacances scolaires pour certains, dit aussi job d’été pour d’autres. À cette occasion, 17 jeunes de 16 à 19 ans ont pris la tête d’une « entreprise démocratique », autrement dit d’une coopérative qu’ils apprennent à gérer. Patrons durant deux mois, ils ajoutent ainsi une jolie expérience à leur CV !

Le groupe de la CJS de l’édition 2017 du projet

Véni-coop est une entreprise démocratique et éphémère qui s’attèle à proposer ses services durant les mois de Juillet et Août. Particuliers, entreprises ou administrations, les clients sont une dizaine. Pour la troisième année consécutive, ce projet est déployé au sein de la ville de Vénissieux. À la tête de cette coopérative, 17 jeunes encadrés par deux animateurs. Lycéens ou jeunes étudiants, ils prennent tous ensemble la tête d’un projet qui leur permet de découvrir la gestion d’une entreprise, l’engagement collectif. Ce projet les confronte aussi à des situations de responsabilités et d’apprentissage. L’objectif pour ces jeunes n’est pas forcément de devenir chef d’entreprise par la suite, cependant il s’agit là de comprendre la réalité et les enjeux liés à la gestion d’une entreprise.

Recrutés dans les lycées, par la Coopérative Jeunesse de Services (CJS) ou encore après avoir entendu parler du projet par les participants des précédentes éditions, ces jeunes dédient leurs vacances à cette activité qui constitue pour certains, une première expérience dans le monde professionnel.

Après une première semaine de formation et une seconde de prospection, l’heure est à la recherche de missions. Les jeunes créent une offre de services, définissent leur clientèle et se positionnent sur une stratégie à adopter. Ils se répartissent alors en trois pôles différents : marketing, financier et ressources humaines. Ils prennent les décisions tous ensembles et agissent collectivement.

 

« Aborder les aspects de la vie d’une entreprise pour donner confiance aux jeunes »

Pour Idir Boumertit, adjoint au Maire délégué au Grand Projet de Ville et à l’Insertion et à la Formation, ce projet vise à responsabiliser les jeunes : « Le but n’est pas l’argent mais plutôt de s’investir et de s’engager collectivement ».

Les services vont de l’entretien d’espaces verts, à de l’archivage administratif en passant par des missions de nettoyage, notamment de voitures. Et si lors de la première édition en 2016, la ville de Vénissieux représentait 40% de la clientèle de la coopérative, elle ne représentait plus que 20% en 2017. Cette année, cela devrait continuer à baisser puisque « victimes » de leurs succès, les jeunes ont moins de difficultés à obtenir des missions. L’édition de l’année passée a compté pas moins de 12 contrats, avec 10 clients différents. Soit un total de 803 heures de services travaillées.

 

Les Coopératives Jeunesse de Services en développement en Rhône-Alpes

Les CJS, Coopératives Jeunesses de Services sont arrivées en France depuis plusieurs années. Recensées au nombre de 10 cette année dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, la Métropole de Lyon, elle, n’en accueille pas moins de 4. Ce projet, sur le site de Vénissieux, est porté par Escales Création qui parraine économiquement le projet. C’est notamment cette structure qui s’occupe de la répartition de la rémunération finale des jeunes patrons. En fonction des services rendus mais aussi de leur investissement et d’un système de bonus et malus, le montant accordé à chaque jeune peut varier. Une première expérience qui peut donc atteindre une rémunération comprise entre 200 et 400€ pour les deux mois.

 

Une alternative pour ces jeunes qui ne partent pas en vacances

Gagner un peu d’argent tout en acquérant une expérience professionnelle au travers d’une aventure « heureuse qui se déroule dans une bonne ambiance », voilà toute l’identité du projet Véni-Coop. Pour ces jeunes il s’agit aussi d’une « réelle expérience humaine » qui s’étale sur deux mois. Une expérience formatrice et intéressante qui peut pallier les vacances dont ces jeunes ne peuvent parfois pas bénéficier avec leur famille. Une initiative qui n’est pas unique : d’autres sont organisées par la ville de Vénissieux.

Des chantiers jeunes qui s’adressent notamment aux 16-25 ans. Ce sont, cette année, 176 jeunes qui vont travailler 4 heures chaque jour, pendant une semaine. Ils seront récompensés par des chèques vacances d’un montant de 140 euros.

 

La responsabilisation et l’émancipation des jeunes sont donc des enjeux importants pour la ville de Vénissieux. Celle-ci s’attache à apporter son aide sur ces points, en permettant la mise en œuvre de ces projets.