L’Orée AJD (amis du jeudi dimanche) est un centre d’accueil d’urgence et de réinsertion sociale pour les jeunes de 18 à 25 ans. Disposant de plusieurs types d’hébergement, l’Orée reçoit des jeunes pour une durée de 2 mois maximum. Ils bénéficient d’une boîte aux lettres où recevoir leur courrier, d’un service de blanchisserie et d’activités socioculturelles. Des éducateurs sont à leur disposition pour répondre à leurs besoins.

Le LBB a donc pu rencontrer deux jeunes récemment hébergés à l’Orée AJD, Benjamin et Carlos. Ces deux jeunes, bercés par la rue, se battent quotidiennement pour s’assurer un avenir convenable. Aujourd’hui sans abris et ayant traversé de difficiles épreuves, ils se livrent sur leur parcours.

Benjamin, 28 ans, a grandi à Paris

Depuis mes treize ans, c’est la justice qui me trouvait où crécher. Je suis un enfant de la DASS. Paris franchement, j’y ai grandi. J’ai ma famille là-bas. Le problème c’est que j’ai fait vraiment plein de conneries. J’avais toujours les flics sur le dos. Du coup, j’ai voulu tout quitter. J’ai pété un plomb, j’ai pris mes affaires, je suis monté dans le premier train et je me suis arrêté à Lyon.

Par le biais du 115, j’ai connu les AJD. Je suis resté 4 ans là-bas. Ils m’ont fait avancer dans mes démarches et dans ma recherche d’emploi. Franchement l’Orée AJD, c’est une bonne association. La première fois ils m’ont mis dans un hôtel à la Croix-Rousse pendant trois mois. Là-bas, ça s’est mal passé, c’est parti en coups de couteau. Du coup les trois personnes avec moi ont été incarcérées et moi j’ai été viré de l’Orée. Ensuite pendant une semaine je me suis retrouvé dehors. Ils m’ont quand même repris et m’ont placé dans un hôtel. J’ai pu demander une place à l’UCJG (Union chrétienne des jeunes gens), un foyer à Villeurbanne où j’ai travaillé comme menuisier. Malheureusement par la suite j’ai été incarcéré et depuis ma sortie de prison, je suis à la rue. Je dors à droite et à gauche. C’est difficile, mais je ne perds pas espoir. Un jour, j’aurais mon permis, mon travail, mon logement, et je me battrais jusqu’au bout pour y parvenir.

Carlos, 20 ans, né au Brésil

En fait j’ai été adopté. Je suis Brésilien et à l’âge de cinq ans, je suis arrivé en France. À mes seize ans, ils m’ont mis dehors. Ça, j’ai pas trop envie d’en parler. Enfin bref j’ai d’abord fait des collocations avec des potes, mais comme je n’avais pas de revenus, j’arrivais pas trop à payer. J’ai fait appel à la maison du Rhône qui m’a redirigé vers les AJD. J’ai du m’actualiser (NDLR s’y présenter) trois fois en accueil de jour pour être logé. J’ai pu rencontrer plein de gens et me faire plein de potes. C’est hyper social, les gens se connaissent tous là-bas. Ben et moi sommes bons amis. On s’entraide grave ! Non franchement pour le coup, ils m’ont aidé à m’acheter des vêtements. J’ai fait une demande de fonds d’aide pour les jeunes (FAJ) qui m’a été acceptée. Du coup j’ai pu refaire un petit peu ma garde-robe. Ils me donnaient 22 euros par semaines. Par contre on doit rentré à 23 h maximum, c’est un peu chiant quand on a 19 ans. Mais d’un coté c’est bien parce que c’est un début pour l’autonomie. Après l’Orée, je n’ai rien trouvé pour m’en sortir. C’est difficile dans ces temps de trouver du travail. Moi, mes projets sont d’abord d’avoir mon logement, puis trouver un travail. J’aimerais aussi terminer mon BAFA et devenir un jour éducateur sportif. Mon rêve serait de repartir au Brésil, retourner sur mes terres natales et retrouver ma vraie mère…

Aujourd’hui, Carlos est hébergé par la maison du Rhône. Il vit actuellement dans un hôtel sur les quais de Saône avec des bons alimentaires. Mais c’est une solution temporaire. Il recherche activement du travail, se lève tous les matins pour déposer des CV. Mais personne ne le rappelle. Il espère quand même trouver un appartement.

Nous n’avons à l’heure actuelle plus de nouvelles de Benjamin.

Après plusieurs relances, l’Orée AJD nous a renvoyé vers Rencontre AJD (une des structures de l’Orée). Encore plusieurs relances plus tard, Rencontre AJD a refusé de nous rencontrer au motif que la rédactrice de cet article est une ancienne hébergée de l’Orée. Nous restons à la disposition de la structure si jamais elle change d’avis.

 

Si vous vous retrouvez dans une situation d’urgence similaire, voici les démarches à suivre afin de pouvoir bénéficier d’une aide concrète :

  • Contactez le 115

  • Vous présenter à l’Orée AJD afin de vous actualiser (1 actualisation par jour)

  • Vous présenter à la Maison de la Veille sociale afin de remplir un dossier d’hébergement.