Dowino est une société de développement de « serious games ». Ces jeux vidéo ont la particularité d’avoir un objectif social et engagé assumé. Leur dernière production « Smokitten », qui sortira le 4 septembre prochain, a pour ambition d’aider les fumeurs à réduire leurs consommations quotidiennes.

Le Lyon Bondy Blog a pu rencontrer Marc Dutriez, game designer du jeu. Comptabilisant près de 18 ans d’expérience dans l’industrie vidéo ludique, il possède des connaissances et des références sérieuses dans le monde du jeu vidéo. Nous l’avons interrogé sur son parcours et sur ce qu’il l’a attiré vers ce projet.

Marc, peux-tu te présenter ?

Alors je suis Marc Dutriez, gérant de la société Ampoule Production. Je réalise différents types de projets : des jeux vidéo, des films d’animation et des projets un peu hybrides, des projets transmédia ou global-média, de la VR (réalité virtuelle), bref tout un tas de trucs.

À côté de ça, je suis prof. au sein de l’école Émile Cohl, en animation, réalisation jeux vidéo et 3D. Moi-même je suis diplômé de l’école Émile Cohl, d’où je suis sortie en 99.

Donc mon métier c’est plein de choses. Dans mon parcours j’ai été animateur 3D, puis directeur artistique, puis consultant game design Europe, ensuite j’ai été game designer en chef, directeur artistique et chef de projet sur plusieurs jeux et j’ai enfin créé ma boîte dans laquelle je fais un peu tout aussi. Je continue à faire du game design, je continue à faire de la direction artistique, de la mise en place de chaîne de différents types de projets. Je fais plein de choses ! En l’occurrence pour Dowino et Smokitten en particulier, la plupart du temps je m’occupe de la partie game design.

Marc Dutriez

As-tu toujours travaillé dans le secteur du jeu vidéo ?

À la base je suis issu d’Émile Cohl. Donc je suis issu du dessin et de la narration par l’image. Initialement, je m’étais spécialisée dans la réalisation de films d’animation. Après, à la sortie de l’école j’ai mis les pieds dans l’industrie du monde du jeu vidéo, mais j’ai toujours gardé un pied dans le monde de l’animation. Ma boîte réalise donc des jeux, mais aussi des vidéos pour des sociétés pour des présentations de produits ou des films « corporate » et à côté de ça j’ai des projets de séries et de courts-métrages animés.

Peux-tu nous citer quelques réalisations que tu as produites ?

Alors tout d’abord j’ai réalisé mon court-métrage de diplôme. J’ai ensuite réalisé toutes les vidéos de la chaîne Pango Comptines sur YouTube, qui sont des petits films de comptine pour enfants. À côté de ça, j’ai réalisé aussi l’intégralité des cinématiques pour plusieurs jeux vidéo comme « Arthur et les Minimoys » ou « How to train your dragon » adapté du film « Dragons » de Dreamworks. J’ai aussi été réalisateur/game director sur les jeux « Astérix XXL », « Astérix XXL2 », « Astérix aux Jeux olympiques » et « Alice au pays des merveilles » adapté du film de Tim Burton. À présent, je travaille sur des productions indépendantes, dont les jeux « Space Run Fast and Safe Delivery » et « Space Run Galaxy ».

La plupart des jeux sur lesquels tu as travaillé sont des jeux de combats, différents de Smokitten qui est un jeu de gestion. Est-ce plus difficile pour toi ? Plus motivant ?

Sur Smokitten, ce que je trouve intéressant, et c’est quelque chose sur lequel j’ai beaucoup travaillé sur des productions que j’ai pu faire par le passé, c’est l’idée que l’on s’approprie un environnement et qu’au sein de cet environnement on va accomplir des choses. Là notamment, le personnage doit parvenir à arrêter de fumer, au travers d’un lieu qui est circonscrit, d’un lieu qui va ouvrir sur un ensemble d’activités. Ce que je trouve aussi motivant, c’est que la qualité du jeu tient au fait que les joueurs doivent se sentir à l’aise dans cet environnement, qu’ils ont envie d’y revenir, d’interagir de nouveau avec les lieux et les personnages qu’on lui propose et ça c’est toujours quelque chose qui m’a tenu à cœur. J’ai déjà eu l’occasion de le développer à plusieurs reprises et je pense que c’est à nouveau une belle carte à jouer dans le projet Smokitten.

Crédit : Dowino

Qu’est-ce qui te motive à travailler sur Smokitten ?

Deux choses : déjà j’aime bien bosser avec l’équipe de Dowino. On a déjà bossé sur plusieurs projets ensemble, et je trouve que c’est agréable de travailler avec eux. Après il y a l’ambition du projet, d’un point de vue de santé publique, c’est super intéressant et ça donne envie de s’impliquer.

Je pense que le jeu fonctionnera si l’on fait bien notre travail. L’enjeu est sur le game design, de faire en sorte que non seulement ce soit un jeu auquel tout le monde ait envie de jouer, même ceux qui ne fument pas ou qui ne s’intéressent pas au tabagisme, et les fumeurs. Qu’ils en aient envie parce que ce sera un bon jeu qui remplit cet objectif pédagogique, de prise de conscience, autour du tabagisme.

Tu es fumeur ?

Non, mais la problématique du tabagisme m’a toujours intéressée et préoccupée ainsi que les addictions en général. N’étant pas toujours d’un caractère addict, c’est toujours quelque chose qui m’a questionné : la consommation de drogues, le tabac, ça m’a toujours questionné et ces sujets m’ont toujours intéressés. Donc je suis bien content de travailler sur cette problématique.

Même si je ne fume pas, malgré tout, je suis sensibilisé aux phénomènes de tabagisme, notamment aux problèmes respiratoires. Je me sens concerné par ces questions.

Je pense qu’il y a différents types de personnalités, mais je pense qu’il y a des gens qui ont des prédispositions à l’addiction.

Au-delà du tabagisme, je pense que le jeu va être intéressant pour parler aussi de la problématique de l’addiction en général.

Crédits : Dowino

Un dernier mot ?

J’aimerais dire que je suis très sensible aux ambitions et au positionnement des projets de Dowino. Je considère que ce sont des postures d’avenir et qu’aujourd’hui il faut commencer par soutenir les projets de Dowino.