FRACO, “Partage & FRAternité Coexistent” est une association à but humanitaire et développe des projets afin d’aider des femmes, des enfants et des jeunes adultes dans le besoin en Afrique, notamment au Togo et au Maroc.

En 2012, Clara Sicard, infirmière, décide de créer l’association FRACO. La jeune femme a beaucoup voyagé avec ses parents quand elle était enfant. « J’ai aussi été sensibilisé à la misère dans certains pays. » Plus tard, elle cherche un métier qui pourrait lui permettre de continuer à voyager. Elle choisit alors infirmière pour « faire de l’humanitaire » mais se rend compte, qu’elle n’en fait pas réellement. Elle passe alors un diplôme d’action humanitaire mais « en fait avec d’autres mode d’action » qu’en étant infirmière.

Pour financer ses projets, l’association organise des soirées sur le thème des cultures du monde pour « promouvoir le côté interculturel ». FRACO a aussi lancé son premier festival les 25 et 26 août derniers à Caluire. « C’était un vrai challenge parce que Caluire, pour faire bouger les choses, c’est très très difficile. On n’a pas eu énormément de monde mais il y a des gens qui nous disaient que pour un premier festival, c’est déjà pas mal. On a eu 150 personnes sur le week-end. » Avec ce festival, c’est la deuxième fois que l’association était en déficit. « C’est pour ça que maintenant on essaie de refaire un peu des soirées. On va faire appel à des bars qui font déjà des choses associatives. »

Les actions au Togo…

Chaque année, Clara part entre deux semaines et un mois au Togo et au Maroc pour mener des actions d’aide.

Au Togo, Clara intervient dans un orphelinat, un centre pour les enfants issus de la rue et auprès de jeunes adultes qui se trouvaient à l’orphelinat quand ils étaient enfants. L’association permet aux jeunes de l’orphelinat d’avoir une alimentation plus variée, car ils ne mangent quasiment que de la purée de maïs. Elle participe au loyer du centre d’accueil d’enfants des rues, aide les jeunes adultes à trouver un logement décent et paye leurs études.

Les enfants se retrouvent dans la rue souvent à cause de la misère et la maltraitance. Ils partent alors eux-mêmes de chez eux et se retrouvent souvent en groupe en essayant de faire des petits boulots de rues, parfois déviants comme la vente de stupéfiants. Si les garçons sont plus visibles, les filles sont aussi dans la rue mais dans des réseaux, la plupart du temps de prostitution.

Des éducateurs de rues vont souvent à la rencontre de ces enfants pour améliorer leurs conditions de vie ou tenter de les convaincre d’aller dans un orphelinat. D’après plusieurs sources, plus de 5000 enfants seraient dans les rues au Togo.

L’association permet aux enfants de l’orphelinat au Togo d’avoir une alimentation plus variée.
Crédit photo : Clara Sicard

 

Clara Sicard avec des enfants togolais
Crédit photos : Clara Sicard

…Et au Maroc

Au Maroc, l’association vient en aide aux enfants défavorisés et aux mères célibataires. Dans ce pays, les mères célibataires sont mal vues par la population et reste un sujet tabou. Les enfants nés hors mariage ne sont pas acceptables vis-à-vis de la religion islamique. Ces femmes sont rejetées par leur famille, n’ont pas accès à un toit ni à un boulot. Beaucoup de femmes n’hésitent pas à abandonner leur bébé. Un grand orphelinat appelé la Ligue Marocaine de protection de l’enfance, recueille un nombre impressionnant de nourrissons. C’est une assistante sociale qui a sollicité FRACO lors d’un déplacement de Clara et de bénévoles à Marrakech. « Au tout début, on a consacré une partie du budget de l’association pour les mères célibataires et sur place, on achetait des produits : couches, biberons, lait en poudre et on laissait le stock à l’assistante sociale. »

Le projet existe depuis 2013, pourtant, Clara n’a pu rencontrer ces femmes qu’en 2018 car elles n’osent pas se montrer. « C’est très compliqué de les rencontrer. Elles sont dans la peur constante du jugement et de la honte. »

Il n’y a pas de chiffre national pour dénombrer les mères célibataires au Maroc, mais d’après plusieurs sources, il y en aurait 220 000 et près de 50 000 enfants naîtraient hors mariage chaque année.

Le projet artistique « Visiographone »

A partir de la rencontre avec ces mères célibataires, Clara Sicard a créé un projet artistique personnel. Elle en a interviewé plusieurs et les a prises en photo pour une exposition qu’elle a intitulé « Visiographone ». « Ces femmes ont toutes envie de se réinsérer pour élever leur enfant convenablement ».

Clara explique qu’elle s’est intéressée aux projets du Togo et du Maroc par hasard, en regardant les associations existantes. « Je n’étais jamais allée en Afrique. Celle qui m’a le plus marqué était une association togolaise. Ce qu’ils décrivaient sur leur site m’a plu, sauf que quand je suis arrivée là-bas, je me suis rendue compte que c’était pas tellement ce qu’ils décrivaient. Je me suis retrouvée dans le business de l’humanitaire parce que cette association ne connaissait même pas les enfants avec qui elle était en lien. Elle disait aussi qu’une partie de l’argent devait aller aux enfants et on s’est rendu compte que ce n’était pas le cas non plus. A partir de là, j’ai voulu créer l’association ».

« Je veux que ça reste une petite association mais que les choses aient du sens. »

Pour ce qui est du futur de FRACO, Clara compte maintenir l’association le plus longtemps possible. « je suis quand-même fière de ça parce qu’il y a pleins d’associations qui ne tiennent pas le coup et c’est très difficile déjà de tenir avec une petite base comme ça. Je veux que ça reste une petite association mais que les choses ait du sens. »

Les actions de FRACO ont permis la création d’un point informatique, une bibliothèque et une pharmacie à l’orphelinat, ainsi qu’un poulailler pour la vente d’oeufs dans le centre des enfants des rues au Togo. Au Maroc, un point informatique a aussi été créé dans une école.

Actuellement, FRACO monte un projet pour emmener quinze enfants du Collège Henri Barbusse de Vaulx-en-Velin au Maroc dans une association près de Ouazazate. Exceptionnellement, le financement est participatif. Les parents d’élèves ayant déjà payé à auteur de leurs moyens, un appel au don est lancé. Le projet a un but interculturel et environnemental.